La Flandre pour les nuls avec Bert Kruismans

Bert Kruismans… À vos oreilles francophones, ces quelques syllabes n’évoquent peut-être pas grand-chose et pourtant l’artiste dont je tente ici d’esquisser le profi l n’est autre que… l’homme le plus intelligent du monde ! A vos mines dubitatives et pantoises, je devine qu’il me faut développer quelque peu mes propos.

Deux fois champion du titre « De slimste mens ter wereld » (ndlr: cette émission, très populaire au nord du pays, a vu s’affronter de nombreuses personnalités), Bert Kruismans n’a pas manqué d’attirer l’attention de la population fl amande. Et pourtant, c’est bien la Wallonie qu’il sillonne depuis 2008 avec son spectacle La Flandre pour les nuls, animé par le désir de nous faire découvrir la richesse du multiculturalisme « à la Belge »; tournant en dérision les absurdités propres à notre royaume.

Ecolo j Huy-Waremme a profité de son passage au Centre culturel de Huy pour lui poser quelques questions. Au début de notre rencontre, nous nous sommes dits surpris d’apprendre que l’homme que nous connaissons aujourd’hui comme humoriste, a jadis été étudiant en droit. À cela, il a répondu qu’énormément de choses piquaient sa curiosité: notamment le droit constitutionnel et la politique, mais également le théâtre. La Flandre pour les nuls n’est donc rien de moins qu’un surprenant mariage entre ses intérêts éclectiques…

Du côté flamand, ce petit séjour « d’immersion » en Wallonie en a surpris plus d’un. Si les quelques courriels injurieux qu’il reçut ne constituèrent qu’une infime partie des réactions que suscita son nouveau spectacle, beaucoup ne comprirent pas ce choix. Il est vrai que cela faisait déjà 15 ans qu’il travaillait en Flandre et que partir à la « conquête » de la Wallonie était un choix audacieux, surtout après que le scrutin de 2010 eut désigné les nationalistes flamands comme grands vainqueurs des élections fédérales.

Pourtant, habitant à 20 km de la frontière linguistique, Bert Kruismans ne s’imaginait pas faire autrement. Cette expérience lui aura notamment permis de faire de nouvelles rencontres: s’il ne nie aucunement l’existence d’une diversité culturelle, il souligne que pareille situation doit être perçue comme un atout. Il regrette néanmoins que la motivation des francophones à apprendre le néerlandais soit purement instrumentale – destinée à les rendre crédibles sur le marché belge de l’emploi – plutôt que culturelle : « Amis francophones, vous est-il déjà arrivé de faire la cour à quelqu’un sur un air de Raymond van het Groenewoud ? »

A Bert Kruismans, écolo j Huy-Waremme souhaite une bonne continuation dans sa « mission royale »…

Julie Faniel, co-présidente d’écolo j Huy-Waremme

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