Précarité étudiante : le plan d’actions adopté, place à sa concrétisation !

Un plan d’actions inédit, fort de 60 mesures, vient d’être adopté pour sortir un maximum de jeunes de la précarité étudiante. Le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a rempli sa mission. Place maintenant à la concrétisation de ce plan pour répondre à l’urgence de tous ces jeunes qui galèrent au quotidien, et qui n’en ont que faire de notre lasagne institutionnelle. Ce qui compte pour eux, ce sont des solutions concrètes, rapidement et durablement applicables. C’est une question de dignité, d’humanité et d’accessibilité à l’enseignement supérieur !

Le texte de mon intervention en plénière

Monsieur le Président, Chers collègues,

La crise sanitaire aura non seulement révélé mais aussi exacerbé la réalité longtemps occultée de la précarité étudiante.

Face à ces files interminables pour obtenir un colis alimentaire, face au nombre grandissant d’étudiants boursiers, face à des services sociaux de plus en plus débordés, face à tous ces étudiants sans cesse plus nombreux contraints de passer par l’aide du CPAS…

Face à toutes ces réalités, synonymes de règne de la débrouille pour un nombre interpellant de jeunes, nous ne pouvions rester les bras croisés. Nous devions apporter des réponses fortes, solidaires, et tout mettre en œuvre pour aider un maximum de ces jeunes à sortir de la galère.

Et cela ne se fait pas d’un simple claquement de doigts. Cela suppose des mesures structurelles et concrètes, où chaque niveau de pouvoir a un rôle à jouer.

Je dois donc vous avouer que je suis particulièrement heureux de l’étape que nous franchissons aujourd’hui avec le vote de cette résolution interparlementaire.

Car vous savez, quand je rencontre des jeunes directement touchés par la précarité ou des personnes qui se mobilisent pour lutter contre ce fléau, l’une des demandes qui revient le plus souvent, c’est le besoin d’une mobilisation générale autour de cet enjeu. Ils sont bien conscients qu’il n’y a pas de recette magique, qu’il ne suffit pas de “y a qu’à”. Ce qu’ils veulent, c’est une prise de conscience collective et un réel plan d’actions.

Et surtout, les jeunes qui vivent la précarité étudiante au quotidien n’ont que faire de notre lasagne institutionnelle. Ce qui compte pour eux, ce sont les solutions concrètes, rapidement et durablement applicables. C’est une question de dignité, d’humanité et d’accessibilité à l’enseignement supérieur.

C’est précisément l’objectif de ce plan d’actions particulièrement ambitieux que nous mettons sur la table, dans tous les parlements, afin de lutter contre la précarité étudiante.

Avec un fil rouge, un objectif commun à la soixantaine de recommandations : permettre à un maximum de jeunes non seulement d’accéder aux études, mais surtout d’y rester, en s’attaquant à l’ensemble des coûts des études, et de la vie étudiante en général, mais aussi en travaillant sur les facteurs en amont pour éviter de tomber dans la précarité.

Chers collègues, ce plan d’actions constitue une étape importante dans la lutte contre la précarité étudiante. Non seulement parce que les mesures qu’il contient sont réellement ambitieuses, mais aussi parce qu’il est, pour la première fois, transversal à tous les parlements et soutenu par l’ensemble des partis. C’est une vraie feuille de route sur laquelle nos Gouvernements, mais aussi les prochains, devront avancer dans les mois et années à venir.

Et je veux, là, vraiment saluer le travail constructif mené conjointement avec l’ensemble des collègues de tous les groupes pour aboutir à ce résultat. Et remercier chacun d’entre eux pour leurs précieux apports.

Alors oui, certains mettent évidemment en avant l’un ou l’autre aspect plus négatif, l’un ou l’autre élément sur lequel on aurait pu aller plus loin. Mais jamais nous ne sommes allés si loin, de façon si volontariste, en matière de lutte contre la précarité étudiante. Et c’est ça l’important ! C’est ça que je retiens.

Et c’est clairement une réponse réelle aux demandes et à la mobilisation du terrain.

C’est aussi une réponse concrète aux besoins mis en lumière par les auditions menées pendant plus de deux mois, en commission conjointe, avec les acteurs et actrices du secteur : besoin de concertation entre les acteurs, manque de connaissance des aides existantes, coûts des supports et matériels de cours, difficultés d’accès à une offre de logements décents et abordables, ou encore le simple besoin d’une meilleure qualité de vie, aussi bien physique que mentale.

Il était nécessaire de donner suite à ces constats particulièrement interpellants.

C’est ce que nous faisons aujourd’hui avec ces mesures fortes !

Il y a évidemment le rappel des engagements de la DPC : avec notamment la généralisation du gel du minerval, l’élargissement des critères d’accès et l’augmentation des montants des allocations d’études, mais aussi l’intégration de la promotion sociale dans le système.

Mais il y a aussi et surtout des mesures qui vont plus loin. Et là, je pense : au travail qui doit être mené vers la suppression des frais complémentaires, à l’extension de la gratuité des supports de cours et à l’intégration des frais informatiques dans leur définition, à l’encadrement des frais de stage, à la possibilité d’introduire sa demande d’allocation d’étude le plus en amont possible de l’année académique, à la suppression du stage d’attente de 5 ans pour l’accès des étrangers aux bourses, à l’accès à une offre de restauration pour chaque étudiant à prix coûtant, ou encore à l’accès renforcé aux services psycho-médicaux…

Mais il n’y a pas que nous, à la Fédération, qui devons prendre nos responsabilités.

Les régions auront également un rôle important à jouer dans l’accès au logement et à la mobilité.

Avec un travail sur l’automatisation du bail étudiant, sur l’augmentation de l’offre de logement, sur l’extension des missions des agences immobilières sociales au logement étudiant en Wallonie, sur l’amélioration des tarifs de transports en commun.

Le fédéral doit aussi faire sa part et travailler à la suppression des obstacles liés au statut de cohabitant pour les étudiants.

Et puis, je veux aussi et surtout en particulier insister sur deux enjeux.

C’est d’abord l’attention à porter aux publics déjà fragilisés ou qui présentent des risques de fragilisation et donc de précarité.

Ce sont notamment les jeunes parents (et les étudiantes enceintes), les personnes en situation de handicap, des jeunes issus de la communauté LGBTQIA+, des personnes racisées, les étudiants étrangers.

Nous avons eu une attention particulière pour tous ces publics, avec la création de cellules bien-être et diversité, de statuts spécifiques, le renforcement de l’EVRAS, la révision du statut des étudiants étrangers…

C’est fondamental pour travailler sur les causes qui renforcent la précarité étudiante en amont.

L’autre enjeu, c’est de lutter contre le non-recours aux droits. Soit par manque d’information, soit par peur ou par honte de faire appel à l’aide.

C’est un élément qui est revenu systématiquement lors des auditions.

Il faut briser ce tabou !

Et c’est pour ça que nous voulons donc travailler non seulement à l’amélioration de l’information des étudiants, mais surtout à la simplification et à l’automatisation de l’accès aux aides.

Beaucoup de choses sont encore trop floues : qui fait quoi, qui intervient quand et propose quoi. Nous proposons donc de voir dans quelle mesure un dossier unique est possible, mais surtout d’inciter à la mise en place d’un guichet unique avec un passage le plus systématique possible des étudiants afin que plus personne ne se perde dans les méandres des administrations et que chaque étudiant soit correctement informé des aides disponibles et des procédures.

C’est la seule façon de renforcer réellement la clarté et l’efficacité du système et donc la confiance des étudiants envers les services de soutien.

Enfin, pour terminer, je veux insister sur l’élément le plus important de ces recommandations. C’est leur concrétisation.

Car ce plan d’action, c’est une feuille de route à mettre en œuvre. Il faudra y consacrer les moyens. Et on compte évidemment sur l’ensemble des gouvernements pour se saisir des mesures et consacrer toute l’énergie nécessaire à leur concrétisation.

C’est notre responsabilité collective pour ne pas décevoir les étudiants qui reprennent aujourd’hui un peu d’espoir avec le vote de ces recommandations.

C’est finalement aujourd’hui que le travail commence réellement !

Le communiqué d’Ecolo

Précarité étudiante : un plan d’actions ambitieux

Le parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a approuvé ce mercredi en séance plénière, une proposition de résolution interparlementaire afin de lutter contre la précarité étudiante et améliorer les conditions de vie des étudiants.

Le texte déposé par Ecolo et ses partenaires de majorité PS et MR, ainsi que par les partis d’opposition CDH et PTB, constitue une étape importante et historique dans la lutte contre la précarité étudiante. Non seulement parce que les mesures qu’il contient sont particulièrement ambitieuses, mais aussi parce qu’il est, pour la première fois, transversal à plusieurs parlements et soutenu par l’ensemble des partis.

Cette feuille de route vise principalement l’accessibilité de l’enseignement par toutes et tous par la réduction des coûts des études. Au niveau du logement, du transport, comme des différents frais de scolarité.

“Ce texte rappelle les engagements de l’ambitieuse Déclaration de Politique Communautaire avec notamment la généralisation du gel du minerval, l’élargissement des critères d’accès et l’augmentation des montants des allocations d’études. ll mentionne aussi la facilitation de l’accès ou encore l’intégration de la promotion sociale dans le système des bourses”, explique le député Ecolo, Rodrigue Demeuse. “Mais il y a aussi et surtout des mesures qui vont plus loin. Les écologistes s’en réjouissent car pour nous la précarité et l’accès aux études sont une urgence. On pense ici notamment au travail pour se diriger vers la suppression des frais complémentaires, à l’extension de la gratuité des supports de cours et à l’intégration des frais informatiques dans leur définition. Mais aussi à l’encadrement des frais de stage, à la simplification des démarches et la possibilité d’introduire sa demande d’allocation d’étude le plus tôt possible. Le texte mentionne encore la suppression du stage d’attente de 5 ans pour l’accès des étrangers aux bourses, à l’accès à une offre de restauration pour chaque étudiant à prix coûtant, ou encore à l’accès renforcé aux services psycho-médicaux…”

Les recommandations reprises dans la proposition de résolution résultent d’une analyse transversale de la problématique menée dans tous les parlements via notamment la mise en place d’auditions conjointes durant près de 2 mois. “Les régions auront également un rôle important à jouer dans l’accès au logement et à la mobilité”, confie le député Ecolo, Manu Disabato. “Avec par exemple un travail sur l’automatisation du bail étudiant, sur l’augmentation de l’offre de logement, sur la création d’une agence immobilière sociale en Wallonie et sur l’amélioration des tarifs de transports en commun. Un travail à la suppression des obstacles liés au statut de cohabitant pour les étudiants doit également être mené au niveau fédéral.”

Pour Ecolo, l’attention portée aux publics déjà fragilisés ou qui présentent des risques de fragilisation et donc de précarité est primordiale. Jeunes parents, personnes en situation de handicap, jeunes issus de la communauté LGBTQIA+, certaines personnes racisées, étudiants étrangers….tous ces publics doivent faire l’objet d’une attention particulière avec par exemple la création de cellules bien-être et diversité, de statuts spécifiques, le renforcement de l’EVRAS ou encore la révision du statut des étudiants étrangers…

Pour les écologistes, la lutte contre le non-recours aux droits reste un enjeu prioritaire. Il est donc indispensable de travailler non seulement à l’amélioration de l’information des étudiants, mais surtout à la simplification et à l’automatisation de l’accès aux aides. “Pour améliorer cette situation, nous proposons la mise en place d’un guichet unique avec un passage le plus systématique possible des étudiants afin qu’ils soient correctement informés des aides disponibles et des procédures existantes.”, concluent Rodrigue Demeuse et Manu Disabato.