J’ai rarement vu une mobilisation pareille contre un projet immobilier. Plus de 650 courriers et réactions à l’enquête publique, un avis négatif de la CCATM, une interpellation citoyenne au conseil communal de ce 22 juin…
Le collège ne peut pas rester sourd à ces appels à préserver l’un des derniers poumons verts du centre-ville.
Je veux d’abord féliciter les riverains – et le collectif Univox qui s’est créé – pour tout le travail qu’ils ont réalisé. Ce n’est pas juste une opposition aveugle, liée à un phénomène NIMBY. Non, c’est une opposition fouillée, argumentée et surtout de bon sens.
Parce que finalement c’est quoi le projet Ardent ?
On essaie de nous vendre un beau parc résidentiel… Mais en réalité, ce sont 5 immeubles de 18 mètres de haut, 91 appartements à minimum 380.000€ pour 1 chambre, qui débarquent d’un coup sur 2,4 hectares complètement barricadés, grillagés ! Sans aucun accès pour les habitants aux alentours.
Pendant ce temps-là, les riverains, eux, vont subir toutes les nuisances :
- Des vues qui plongent directement dans leur jardin
- La rue d’Italie et la rue Ferrer sont déjà régulièrement inondées et on va rajouter plus de 1500m2 de bétonnisation en amont
- 660 trajets de camions pour évacuer les terres, avec sortie par les Longs-Thiers en principe interdits aux plus de 7,5 tonnes
- Le quartier est déjà surchargé en véhicules et on va aller leur en ajouter 200 à 300 par jour
- Le stationnement prévu est inférieur à ce que préconise l’étude d’incidences, donc c’est dans les rues voisines que ça va se répercuter
- Mais c’est aussi un vrai refuge pour la biodiversité dont profite tout le quartier qui va disparaître
D’ailleurs, il fallait une dérogation avec le permis pour une espèce protégée qui n’est pas présente dans la demande.
Bref, les riverains doivent subir tous les points négatifs sans retirer aucun avantage du projet, ni pour eux, ni pour la Ville !
D’où ces questions que je souhaiterais poser au collège lors du conseil communal de ce 22 juin :
Quels sont les résultats définitifs quantitatifs et qualitatifs de l’enquête publique ? Quelle est la position du collège communal sur ce projet ? Quand se prononcera-t-il ?
Et surtout, ce qu’on a pu observer, dans ce dossier comme dans trop d’autres malheureusement, c’est le manque de concertation avec les habitants du quartier. Ils voient débarquer un énorme projet de plus de 90 logements en face de chez eux, sans aucun accompagnement. Que prévoit le collège communal pour améliorer la concertation avec les riverains, au-delà des obligations légales minimales ?
Plus généralement, comment le collège entend-il protéger le maillage vert qui s’étend de la Sauveniere jusqu’au parc Springuel ?
Il n’y a d’ailleurs pas que ce quartier qui est touché par un projet complètement démesuré.
Aujourd’hui, on voit des projets énormes fleurir aux quatre coins de la Ville : à Tihange, à Saint-Victor, alors qu’il y a déjà Felon-Lange en préparation, Chaussée de Waremme, on parle un jour de la Sauvenière…
A chaque fois, on nous répond : « oui, mais il faut du logement ». Sauf que rien n’est objectivé, et qu’en additionnant tous ces projets, on dépasse très largement les besoins en termes de logements. Et surtout, on a besoin de logements accessibles, pas d’appartement à 400.000€.
On doit sortir de ce Far West, de cette absence de vision globale à l’échelle de la Ville, pour cibler les endroits où on peut créer du logement, en rénovant des chancres par exemple, et où on veut préserver les quartiers et les espaces verts.
C’est pour ça qu’on plaide depuis 15 ans pour la mise en place d’un schéma de développement communal qui encadre le développement urbanistique à Huy, qui fixe des balises, pour que les promoteurs sachent à quoi s’en tenir, et les autorités puissent s’appuyer dessus. Le tout construit avec les habitants des quartiers. Comme à Amay par exemple.
Vous aviez enfin prévu un budget, mais on ne voit rien venir. Où en est-on dans la mise en place d’un schéma de développement communal ?