C’est officiel depuis ce matin : à partir du 1er décembre, la ligne express E22 reliant Huy à Waremme disparaîtra. Elle sera remplacée par une nouvelle ligne 129, qui traversera une série de villages avec une fréquence annoncée d’un bus par heure en semaine et d’un bus toutes les deux heures le samedi. Une réorganisation qui risque de porter un sérieux coup à la mobilité des centaines d’usagers qui empruntent quotidiennement cette ligne.
Cette décision est d’autant plus incompréhensible qu’elle intervient après une importante mobilisation citoyenne organisée en début d’année pour sauver l’E22. Une motion avait été adoptée au conseil communal de Huy, une pétition avait recueilli plusieurs centaines de signatures et nous avions reçu des centaines de témoignages d’usagers. Travailleurs, étudiants, stagiaires : tous racontaient à quel point cette liaison rapide était devenue indispensable à leur quotidien, notamment pour rejoindre les zonings commerciaux de Tihange et de Waremme ou encore l’IFAPME de Villers-le-Bouillet.
Nous avions également interpellé le ministre de la Mobilité, François Desquesnes (Les Engagés), par l’intermédiaire du député wallon Ecolo Stéphane Hazée. La réponse du ministre s’était alors voulue rassurante quant au maintien de la ligne. Quelques mois plus tard, c’est pourtant sa disparition qui est annoncée. Les usagers apprécieront la portée de ces assurances !
Le problème est que l’on ne remplace pas une ligne express par une ligne classique sans dégrader considérablement le service rendu. En traversant de nombreux villages, en passant notamment par le goulot de Statte plutôt que par Tihange et en proposant une fréquence moins attractive, la nouvelle ligne 129 ne répondra manifestement plus aux mêmes besoins. Pour celles et ceux qui comptaient sur l’E22 pour se rendre rapidement au travail ou en formation, les conséquences risquent d’être très concrètes : davantage de temps dans les transports, des correspondances plus compliquées et, pour certains, une solution de mobilité qui ne sera tout simplement plus adaptée.
Letec justifie cette réorganisation par une meilleure utilisation des ressources et une fréquentation insuffisante en dehors des heures de pointe. Mais cette logique comptable ne peut pas faire oublier la réalité des besoins sur le terrain. Une ligne express a précisément pour vocation de permettre des déplacements rapides et efficaces. C’est cette fonction essentielle que l’on est en train de sacrifier.
La méthode est tout aussi inacceptable que le résultat. Cette décision a été prise unilatéralement par Letec, sans la moindre concertation avec les communes concernées, les usagers, la Centrale locale de mobilité ou l’Autorité organisatrice du transport (AOT), alors même qu’il s’agit d’une ligne structurante. Une réorganisation de cette ampleur ne peut pas se décider sans associer les acteurs concernés et sans respecter les obligations de concertation prévues par le cadre légal.
Enfin, à moins d’un mois de la mise en œuvre, les informations communiquées restent largement insuffisantes : les horaires précis, les temps de parcours et les modalités concrètes de desserte ne sont toujours pas clairement connus. Les usagers sont donc censés organiser leurs déplacements de décembre sans savoir précisément à quoi ressemblera leur future offre de transport !
« Nous avons mené cette mobilisation il y a quelques mois parce que nous avions entendu les usagers, conscients de l’importance de cette ligne pour notre territoire. Nous avions obtenu des assurances du ministre. Aujourd’hui, on découvre que tout cela n’était que du vent. Ce n’est pas une simple adaptation technique du réseau : c’est une régression très concrète pour l’accès à l’emploi, aux études et à la formation. On ne peut pas demander aux gens de laisser leur voiture au garage tout en supprimant les liaisons rapides qui leur permettent de le faire. »
Notre député Stéphane Hazée interpellera rapidement le Ministre. Nous demandons à Letec et au ministre Desquesnes :
- De suspendre la suppression de la ligne E22 au 1er décembre, le temps d’organiser une véritable concertation et de garantir une alternative répondant aux besoins actuels des usagers ;
- De présenter publiquement et sans délai les horaires, itinéraires, arrêts et temps de parcours précis des nouvelles lignes ;
- De garantir le maintien d’une liaison rapide et suffisamment fréquente entre Huy et Waremme, notamment pour desservir les pôles d’emploi, d’enseignement et de formation ;
- De respecter les obligations légales de concertation avec les communes, les usagers, la Centrale locale de mobilité et l’AOT.
Les centaines de citoyens qui se sont mobilisés en début d’année méritent autre chose qu’une décision prise dans leur dos. Nous refusons que les usagers de la région hutoise soient les perdants d’une réorganisation décidée sans eux. Nous continuerons à nous battre pour préserver une liaison rapide et efficace entre Huy et Waremme.
Ligne express Huy-Waremme : Letec enterre l’Express Huy-Waremme malgré la mobilisation des usagers et les assurances du ministre !