Lors du conseil communal de ce 11 mai, nous déposons une motion, relayant le combat de la Ligue des Familles et de l’asbl Ecole à Table, pour demander le maintien des repas scolaires complets, gratuits, sains et durables dans les écoles accueillant les publics les plus précarisés. L’école d’Outre-Meuse est directement concernée à Huy.
Parce qu’il y a des moments où la politique doit être capable de dépasser les clivages pour revenir à l’essentiel.
On parle d’enfants. De leur santé. D’égalité des chances. De la possibilité, pour chaque enfant, d’avoir au moins un vrai repas équilibré par jour.
Je ne sais pas s’il existe beaucoup d’enjeux plus fondamentaux que celui-là.
Aujourd’hui encore, un parent sur cinq déclare ne pas avoir les moyens d’offrir une alimentation saine et équilibrée à ses enfants. Sur le terrain, des enseignants constatent quotidiennement que certains élèves arrivent à l’école le ventre vide.
Et tout le monde sait ce que cela implique. Un enfant qui a faim apprend moins bien.
Un enfant qui mange mal se concentre moins bien. Un enfant qui vit déjà dans des conditions difficiles ne devrait pas en plus subir cette injustice-là à l’école.
C’est précisément pour répondre à cette réalité qu’un dispositif structurel avait été mis en place en Fédération Wallonie-Bruxelles afin de financer des repas gratuits, équilibrés et de qualité dans les écoles les plus fragilisées.
À Huy, l’école d’Outre-Meuse est directement concernée.
Mais aujourd’hui, ce financement est supprimé. Le budget spécifique de plus de 21 millions d’euros consacré à cette politique a été abandonné au profit d’un système largement insuffisant pour maintenir les projets existants.
Et il faut arrêter de présenter cela comme une simple adaptation budgétaire. Ces repas scolaires n’étaient ni un luxe, ni un “bonus”, ni une politique accessoire. Ils répondaient à une réalité sociale extrêmement dure.
Concrètement, cela signifie que des écoles comme Outre-Meuse et Huy Sud risquent désormais de ne plus pouvoir continuer à offrir ces repas dans des conditions viables.
Or, demander aux familles concernées de payer 50 ou 60 euros par mois est totalement irréaliste. Pour beaucoup d’entre elles, c’est impossible.
On risque donc de revoir apparaître des situations où certains enfants n’auront plus de repas chaud de toute la journée. Ni à la maison, ni à l’école.
On ne peut pas accepter un tel recul. On ne peut pas expliquer pendant des années que la lutte contre la pauvreté infantile est une priorité… puis supprimer brutalement les moyens destinés précisément aux enfants les plus fragiles.
L’alimentation scolaire ne peut pas devenir une simple variable d’ajustement budgétaire.
À travers cette motion, nous demandons ainsi que le Conseil communal de Huy envoie un message clair à la Fédération Wallonie-Bruxelles : il faut maintenir les projets existants et garantir leur viabilité pour la prochaine rentrée scolaire.
Parce qu’au final, derrière les tableaux budgétaires et les arbitrages politiques, c’est l’avenir très concret de nos enfants qui est concerné.
Et notre responsabilité collective est de ne pas les laisser tomber.