Examen d’entrée en médecine et dentisterie : remettre à plat le système et analyser enfin les besoins sur le terrain

5442 candidats ont présenté la première épreuve de l’examen d’entrée aux études en médecine et dentisterie le 6 juillet pour 483 lauréats proclamés (dont 30% de non-résidents), et près de 4000 candidats ont présenté la deuxième épreuve le 28 août pour 744 lauréats proclamés. Dans son communiqué du 6 septembre, l’ARES informe que ce sont donc bien 1227 personnes qui pourront s’inscrire dans les cinq universités francophones qui proposent un 1er cycle en médecine et/ou dentisterie.

Ces deux épreuves, organisées en présentiel et de façon décentralisée, se distinguent par leur taux record de participation (dont un nombre particulièrement élevé de femmes), mais aussi car c’est la première fois depuis la 1e édition de l’examen d’entrée qu’il y avait autant de candidats résidents que de candidats non-résidents, il a donc été nécessaire de procéder au classement des résultats de ces derniers afin de respecter le contingentement de 30% d’étudiants non-résidents fixé par la loi.

D’où ces questions adressées à la Ministre de l’Enseignement supérieur :

  • Quel est votre analyse des résultats de l’examen d’entrée en médecine et dentisterie ? Quelles conclusions en tirez-vous ?
  • Le Ministre fédéral de la santé intervenait récemment dans la presse à propos d’un potentiel concours d’entrée en études de médecine et dentisterie en Fédération Wallonie-Bruxelles. Il admettait, comme nous le soulignons depuis longtemps, que la pénurie de praticiens demande aujourd’hui une réelle reconsidération de la méthodologie avec laquelle les besoins en offre médicale sont identifiés. Et pourtant, il avance déjà des propositions quant au nombre de diplômés (c’est-à-dire le nombre de numéros INAMI délivrés) et évoque la fin de l’année civile comme date-limite pour trouver un accord avec les entités fédérées. Disposez-vous de détails complémentaires afin que nous puissions y voir plus clair au sujet de la position que vous défendez face aux propositions (on pourrait presque dire « impositions ») du fédéral ? Le cadastre territorial de l’offre médicale en Wallonie et à Bruxelles a-t-il été lancé ?

Les chiffres sont clairs : de plus en plus de jeunes souhaitent devenir médecins et dentistes et, au vu des différentes situations de pénurie, il nous semble invraisemblable qu’un contingentement puisse intervenir.

Dans sa réponse, la Ministre épingle notamment “la proposition du gouvernement fédéral d’instaurer, d’ici la fin de l’année, un organe interfédéral de la planification médicale. Je proposerai au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles d’accepter que j’y participe en tant que ministre de l’Enseignement supérieur, étant donné que mes compétences concernent directement l’examen d’entrée. J’y vois l’avantage de bénéficier à terme d’une vision plus précise des besoins réels de médecins, spécialité par spécialité, en tenant compte également de la répartition géographique de ceux-ci sur le territoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Je compte en outre sur la collaboration de la Commission de planification de l’offre médicale que nous venons juste de créer. Les travaux de cette commission n’ayant pas encore débuté, je ne peux pas encore préciser les propositions qui seront faites et les réponses qu’il conviendra de leur apporter. Le gouvernement devra de toute façon en débattre.”

De mon côté, j’avoue avoir notamment été marqué par la réaction du Comité interuniversitaire des étudiants en médecine et en dentisterie (CIUM) après l’annonce des résultats aux examens d’entrée. Selon le CIUM, les quotas ne tiennent absolument pas compte de la réalité scientifique et la demande en médecins est largement sous-évaluée.

J’ai par ailleurs fort apprécié les propos de la Ministre concernant la nécessité d’objectiver les besoins réels ainsi que l’incidence des coûts de l’insuffisance de l’offre sur les soins de santé. En effet, moins il y a de médecins, plus les coûts des soins de santé augmentent. Il est selon moi inconcevable de se faire dicter la loi par le niveau fédéral dans le cadre de ce débat. Toute une série de spécialités, mais également les médecins généralistes, souffre en effet d’une pénurie. Cette pénurie ne cesse de croître avec le temps. Avant de procéder à de quelconques choix arbitraires, il convient de mettre à plat le système et d’analyser enfin les besoins du terrain. À mes yeux, il est utile de participer à cet organe interfédéral. En ce sens, je salue et soutiens la position de la Ministre. Je maintiens cependant qu’elle doit rester très ferme vis-à-vis du niveau fédéral afin d’éviter tout contingentement supplémentaire.