(2/2) Budget 2020 : entre responsabilité et courage

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Deux mots me viennent à l’esprit en pensant au budget 2020 de la Fédération Wallonie-Bruxelles : responsabilité et courage.

D’abord la responsabilité.

En mesurant toute l’importance de la concertation et du dialogue, le Gouvernement prend ses responsabilités. Celles de ne pas tout bousculer du jour au lendemain en voulant précipiter les choses, après quelques semaines d’installation, ce qui fait parfois belle impression dans les journaux, mais a trop souvent conduit par le passé à des réformes incomprises et non soutenues par les acteurs de terrain.

L’enseignement supérieur, le secteur de la jeunesse, du sport, de l’aide à la jeunesse et les nombreux dossiers importants que vous avez en charge n’échappent pas à la règle et mérite que l’on prenne le temps. Le temps de dialoguer avec les différents secteurs, de les associer afin de coconstruire ensemble les réformes indispensables dont la Fédération Wallonie-Bruxelles a plus que jamais besoin. 

C’est une étape indispensable à la réussite du projet de transition que nous nous sommes fixé.

Ce dialogue a commencé, et s’intensifiera dans les prochains mois  pour aboutir à la mise en œuvre de réformes cohérentes qui se traduiront concrètement à l’occasion des prochaines échéances budgétaires.

En matière d’enseignement supérieur notamment, je pense évidemment, entre autres, à la réforme fondamentale du décret paysage qui doit, certes, intervenir sans traîner – tous les acteurs le demandent – mais dont l’ampleur est telle qu’il est essentiel de prendre le temps de l’analyse, de la concertation et de la réflexion, afin de prendre les mesures les plus adaptées pour remédier aux grosses difficultés rencontrées sur le terrain.

Dans l’attente de ce travail de concertation, ce budget 2020 peut donc donner l’impression d’un budget relativement technique, garantissant les obligations réglementaires, via notamment l’indexation des rémunérations et des subventions (essentielles, rappelons-le, au financement structurel des opérateurs de terrain, ce qui leur permet de travailler dans un temps long, de manière la plus sereine possible). 

Et ce n’est donc pas anodin. Ce qu’il se passe en Flandre est là pour nous le rappeler. Il serait donc trompeur ou de mauvaise foi de s’en tenir à la vision d’un budget purement technique.

Ce qui m’amène au second terme qui me vient à l’esprit : courage. Car oui, je trouve que le Gouvernement fait preuve de courage.

Il ne faut pas se voiler la face, la situation budgétaire est compliquée. Les miracles et le “raser gratis” ne sont pas possibles et nous avons tous la responsabilité d’éviter les slogans et les positions simplistes.

La situation est difficile. Il faut assumer, je l’ai dit tout à l’heure, des décisions du passé pas toujours judicieuses, tout comme des décisions prises à d’autres niveaux de pouvoir qui ont un lourd impact sur les finances de la Fédération.

Mais malgré cela, la majorité fait preuve de courage, en décidant d’investir dans l’avenir, de refuser l’austérité pour des matières aussi essentielles que celles qui nous occupent dans cette commission.

Car on le sait, la Fédération est confrontée à un paradoxe : tout investissement dans l’enseignement supérieur, la jeunesse et vos autres compétences rapporte bien plus qu’il ne coûte. Sauf que c’est rarement dans les caisses de la Fédération que l’argent revient…

On peut donc saluer le courage du Gouvernement de faire le pari d’investir malgré tout dans l’avenir, dans l’enseignement supérieur et la jeunesse, plutôt que d’y faire des économies aveugles, comme d’autres le font dans certains secteurs, suivez mon regard vers le nord du pays.

Mes collègues auront l’occasion de revenir plus spécifiquement sur les autres matières spécifiques, mais je voulais insister sur le geste fort posé en enseignement supérieur : la mise en œuvre de cette première provision de 5 millions € spécifiquement dédiée au refinancement de l’enseignement supérieur qui en a bien besoin, car définancé depuis des années (avec une augmentation énorme du nombre d’étudiants, et un budget accordé aux étudiants en diminution sensible).

Alors oui, certains diront que ce n’est pas encore assez, qu’il faut aller plus loin – même si c’est déjà bien plus que ce qui a été fait ces dernières années. 

Et je partage cette volonté d’accentuer encore l’effort. C’est d’ailleurs ce qui est prévu par la DPC malgré un contexte, on ne le dira jamais assez, extrêmement difficile.

Mais justement, malgré ce contexte, un signal fort est envoyé.

En conclusion, ce budget pose les jalons d’un renouveau de façon sérieuse. Un renouveau à construire ensemble, avec les acteurs.